Les bourdons pas le bourdon

Pourquoi dit-on il pleut

Et pourquoi pas il pleure aujourd’hui ?

Où se cachent les bourdons quand ils pleurent ?

Si un bébé avait la dextérité

pourrait il les caresser de ses petits doigts ?

J’aimerais avoir l’agilité d’un orfèvre et la petitesse de l’enfant

me nicher dans les grottes et caresser des lombrics

j’aimerais qu’ils me sourient & qu’ils me disent que les bourdons ne pleuvent jamais

J’aimerais être naine et grimper épine après épine le long des rosiers et me lover dans les pétales soyeuses

Humer et humecter

Faire pleuvoir la rose

Il pleurerait indéfiniment sur ma tête

Et je boirais à gorge déployée à sa source

Est-ce un mirage dans mon dessert ?

Un crocodile ?

Une lubie ?

Les tentacules du vice ?

Parfois des lettres explicites s’allument dans le ciel et m’empêchent de voir les sous-titres. Il y a longtemps que le film est fini mais la trame commence à peine à se tisser. Je suis heureuse en dessous de tout. Plus personne ne vient piétiner les fleurs de mon jardin.

Sans déconner. C’est agréable.

Les marâtres ont été déracinées avec des mains drues.

La salive répare elle aussi.

La salive brille de toute façon.

Elle forme des dômes sur les cœurs.

Les bouches en fraise parlent et disent « Viens te mouiller ».

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