Je ne suis pas venue pour ce que tu penses

Je ne suis pas venue près de toi pour mettre de l’ordre dans le monde. Non, je ne suis pas venue non plus pour tourner des pages au hasard. Je ne suis pas venue près de toi pour suivre l’odeur du danger qui émane de certains de tes mots.

Ma libre pensée court légère sur la peau de ton dos, suivant la colonne par au dessus. J’ai la pensée la plus pure de te parcourir tout le corps avec ma tendresse carnivore.

Regarde-moi observer ta jambe pendant de longues minutes et, soudain, décider de mordre ta cheville bien dessinée que tu as, comme on embrasse un bébé/comme une chienne qui veut jouer. J’ai choisi de faire de ces lignes parfaites ma maison. Comment ne pas faire confiance au travail passionnel que tu fais par amour pour tes tissus ?

Je ne suis pas venue près de toi pour éteindre un corps ennemi.

Je ne suis pas venue non plus pour te dire que j’ai le cœur pur et que je te vois transcendantalement belle. Je suis venue pour te démontrer, avec un respect vigoureux, la délicatesse violente que tes milliers de regards font s’écraser sur ma peau, agitant mes veines et faisant perdre le contrôle à mon cerveau venimeux. Les vertèbres solitaires se sont réunies pour ce genre de rencontre et le corps humain se métamorphose pour cette danse.

Je ne suis pas venue pour nous dire des choses que nous savons déjà. Je suis venue pour siffler ton nom entre mes dents, têton contre têton, lorsque déjà nos poitrines détruiront l’espace qu’il restait entre nous.

Oui, oui, les bruits sont ambigus. Et j’écoute à l’intérieur du pouls comment ta langue commente, mouillant mon œil. Je ne suis pas venue pour que nous soyons fugaces, je ne suis pas venue par adversité. Je suis venue pour méconnaître et pour provoquer depuis le monde une pluie qui t’est destinée. Tu aimes la pluie. Arrose-toi depuis ma source, belle plante.

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